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Communiqué de presse expulsion Drouet

publié le 13 février 2017

Jeudi 7 février à 7h, le squat de Drouet a été expulsé sous bon oeil. En présence; la DDCS, le sous cabinet du préfet ou encore une directrice de CAO. Mais aussi le directeur de la sécurité publique et trois fourgons de la protection civile. Les personnes en soutien n'ont pas le droit de dire au revoir aux personnes expulsées. Elles n'ont pas le droit non plus de filmer l'expulsion sans être la cible de violences (clef de bras, menaces, coup de poing) mais seulement celui d'être nassées et filmées en attendant que ça passe.... Sous couvert de "protéger les gens" on les met dehors. Évacuation, pour "risque d'incendie" nous dit-on ou bien alors "parce que des groupes d'extrême droite menacent d'attaquer le squat de Drouet".


Quelle importance accorder aux habitant-e-s qui ont fait de cet hangar vide, et sans destination, leur lieu d'habitation ? La Préfecture assume clairement ses choix : contrôler, administrer les existences de celles et ceux qu'elle retient pour "incapables", "inadapté-e-s", "indésirables", privilégier, une fois de plus, le droit à la propriété (l'ancien propriétaire et le nouvel acquéreur du hangar sont présents, aux côtés des flics, lors de l'expulsion) et verser l'argent du contribuable dans les poches des marchands de sommeils véreux (les hôtels seraient réquisitionnés deux mois pour les familles, un mois, pour les célibataires, selon la Préfecture).

Mais qu'adviendra-t-il pour ces personnes déplacées, d'ici un ou deux mois,

quand la trêve hivernale prendra fin, le 31 mars prochain ?

Retour vers les dispositifs d'hébergement d'urgence saturés, vers les accueils de jour bondés, transbahuté-e-s de structures en structures, où il leur sera constamment demandé de montrer patte blanche… et donc à terme, un possible retour à la rue.



L'Etat s'attaque encore, et toujours plus, aux populations les plus précaires, notamment les personnes d'origine étrangère ou stigmatisées comme telles. Partout en France, les expulsions se multiplient : Calais, Ouistreham, Caen… Tandis que les opérations de chasse aux migrant-e-s dans nos villes et nos quartiers continuent sous la houlette de Frontex, milice semi-privée de l'Europe.


Les militant-e-s, rassemblé-e-s en Assemblée Générale de Lutte contre toutes les Expulsions, dénoncent ces pratiques et l'idéologie qui les légitiment. Iels réaffirment leur soutien aux personnes en situation d'exil, et continueront à se battre aux côtés de celles et ceux qui sont considérées comme illégaux, indésirables, illégitimes.


Des papiers pour toutes et tous! Des conditions de vie décentes et pérennes pour toutes et tous!


Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions
Mail : ag-contre-expulsions@laposte.net
Site : http://agcontrelesexpulsions.wordpress.com/

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