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L'AG de lutte contre toutes les expulsions présente ses vœux au préfet
M. le préfet,

Lors de la présentation de vos vœux à la presse, vous avez prétendu que :

- l'action de l'État était « exemplaire ». Au contraire, c'est parce qu'elle ne l'est pas que l'AG apporte des réponses là où les pouvoirs publics refusent d'assumer leurs responsabilités.

- des places sont encore disponibles dans le centre d'accueil de nuit de la Pierre Heuzé ainsi que dans les CAO. Alors pourquoi reste-t-il encore des personnes, dont des enfants, à la rue tous les jours ? Sur les 80 places proposées par le Centre d'accueil de nuit, 50 sont occupées en moyenne chaque nuit. Les 30 places vacantes ne suffiraient pas aux 350 personnes hébergées dans les squats qui étaient à la rue bien avant le 31 décembre (date d'ouverture de ce centre).
Concernant les CAO (Centre d'accueil et d'orientation) que l'État français a ouverts suite au démantèlement de la « jungle » de Calais afin de disperser les migrants sur tout le territoire français, ils n'ont vocation qu'à héberger dans le but de trier les hommes seuls en procédure de demande d'asile. La majorité d'entre eux, sous le coup de la procédure Dublin, est ainsi systématiquement expulsée vers le premier pays européen par lequel elle est passée.

- la responsabilité des personnes qui ouvrent les squats sera engagée en cas de victimes. Nous pensons qu'il est plus dangereux de dormir dehors que dans un squat et nous nous étonnons qu'à chaque mort dans la rue, il n'y ait pas de poursuite et, par conséquent, jamais de condamnation à l'encontre du préfet.

- à Ouistreham, les gendarmes font leur travail avec beaucoup d'humanité et sauvent des vies. Nombre de reportages de médias prouvent pourtant que les gendarmes du PSIG (Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie) commettent régulièrement des exactions envers les migrants. Europe1 fait état de gazages sur la place du marché aux poissons de Ouistreham ayant incommodé les clients des bars alentours. France 3 montre les gendarmes violenter et jeter les migrants au sol jusqu'à en rendre un inconscient. De plus, l'AFP a filmé des agents municipaux, encadrés par la police municipale, remplir une benne avec les affaires des migrants (sacs à dos avec affaires personnelles, duvets, vêtements).

Si seulement les 2,5 millions d'euros n'étaient pas investis dans le tout sécuritaire, qui ne fera qu'accroître la souffrance et la prise de risque des migrants, ils permettraient largement d'assurer un accueil répondant aux attentes des premières personnes concernées, digne du pays des droits de l'Homme.

Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions
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