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Journée portes ouvertes de l'université de Caen : entre campagne publicitaire et répression politique, Il n'y a qu'une porte.. . dejà entrouverte !
Le 10 février dernier avait lieu, sur tous les campus de l'agglomération caennaise, la journée portes ouvertes de l'université. Mais celle—ci fut également le théâtre d'une répression politique inquiétante émanant de la Présidence à l'encontre de l'Assemblée Générale de l'université de Caen.

En effet, cette Assemblée Générale avait décidé, à l'occasion de cette journée, de distribuer des tracts et d'informer les lycéen.ne.s et leurs parents à propos du projet de loi (néo-libéral) relatif à l'Orientation et à la Réussite des Etudiants (nommé aussi loi Vidal, du nom de la ministre).

Dans cette perspective, une banderole (sur laquelle était inscrit « la fac n'est pas une entreprise, le savoir n'est pas une marchandise ») avait été déployée sous la galerie vitrée du campus ]. Mais celle-ci a été retirée moins de 20 min plus tard, sur ordre de la présidence, par des agents de sécurité d'une société privée sous motif qu'il s'agissait d'une dégradation. Etant donné que cette banderole était accrochée à des panneaux d'affichage avec de la ficelle, il ne s'agissait en rien d'une quelconque dégradation.

Par la suite, toujours sous les mêmes ordres et par les mêmes intermédiaires, il a été demandé aux personnes qui distribuaient des tracts et qui tenaient une table à café, de tout simplement partir. Cette fois-ci, le motif fut que les étudiantes qui faisaient de l'information à propos de la réforme « gênaient » des parents de lycéen.ne. Là encore, le motif nous paraît totalement fictif, étant donné qu'ils/elles orientaient les familles dans l'établissement du fait d'une organisation bancale ! De plus, les étudiantes étaient parfaitement dans leur droit, puisqu‘ils/elles exerçaient leur "liberté d'information et d'expression à l‘égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels” en tant qu‘usagers.ères du service public (article L8l 1-1 du Code de l'Éducation).

Au vu des événements survenus lors de la semaine précédente (à savoir, l'intervention, à la demande de la présidence, d'une brigade d'intervention de la Police Nationale parce que des lycéen.ne.s s'étaient réunies dans un amphi pour… discuter !), les bâtons mis dans les roues des étudiantes de l'Assemblée Générale pour les portes ouvertes s'apparentent à une répression qui ne dit pas son nom. Dans un contexte de mise en compétition des universités, ces portes ouvertes apparaissent beaucoup plus comme une journée de publicité (comme en témoigne les nombreux partenaires privés pour l'occasion). Par ailleurs, cette publicité était de surcroît mensongère au vu de la réforme qui se prépare.

La future loi prévoit de donner la possibilité aux universités de sélectionner les étudiantes à l'entrée du 1er cycle en demandant des pré-requis (via la plateforme ParcourSup). Elle remet donc en cause un principe fondamental : celui du droit à poursuivre ses études suite à l'obtention d'un Baccalauréat. Par ailleurs, cette réforme intensifera la compétition entre les universités, et ouvre la voie à une hausse des frais d'inscription. Par la loi de la ministre Vidal, la privatisation rampante des universités prend un nouveau tournant, et remet un peu plus en cause le service public.

A ce titre, SL-Caen Solidaires Etudiantes apporte son soutien total au mouvement social de contestation de cette réforme néo—libérale, et condamne toute répression, qu'elle soit idéologique ou effective, exercée par la présidence à son encontre. L'université est censée être un lieu de débat (politique, scientifique, etc.), et il semblerait que la présidence de l'université de Caen l'a une fois de plus oublié en cette journée du 10 février.
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